Chaque fois que je contemple les autoportraits des peintres anciens, je me trouve submergé par de multiples questions : où sont ces Phares baudelairiens qui nous ont soufflé l'amour de la Beauté ? Où sont ces "princes des nuées" qui ont changé notre conception du monde, autant par leurs pinceaux que par leurs théories esthétiques ? Où est Goya ? Où est Van Gogh ? Où est Delacroix ? Matisse ? Où sont-ils ?
      En réalité, je trouve leurs autoportraits déchirants !
      Déchirants, dans la mesure où ils me persuadent que nous ne sommes que de simples « sujets ». Ils me rappellent que nous sommes comme une peinture quand elle commence à se craqueler et que toute la profondeur de l’image apparaît pour ce qu’elle est : un effet lui-même de surface, n’y ayant d’autre épaisseur que celle de la pellicule de couleur déposée sur la toile et qui ne parviendra pas à résister, malheureusement, à l'usure du temps.

1312287-Francisco_de_Goyaautoportrait

 

van goghmatisse